Frédérick Haas
clavecin
Rameau avec l'Ensemble Ausonia - Festival de Sablé 2010 - Anaclase
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En mai 2009, l'ensemble Ausonia sortait un disque (Alpha) intitulé Que les mortels servent de modèle aux Dieux. La maturité du projet en faisait une référence. Il le propose ici en une somptueuse version concertante, donnant à voir et à entendre un Rameau plus humain et sensible dont la folle inventivité devient accessible à tous. C'est un homme de théâtre, dont la poésie tragique nous bouleverse, que le talent des artistes a fait revivre. Frédéric Haas a reconstruit un mini-opéra à partir d'extraits des livrets de Zoroastre et Zaïs, composés simultanément et représentés en 1748 et 1749. Une histoire fulgurante surgit de leur dissemblance. De l'architecture ainsi créée émane l'urgence du drame. Ici, plus de ballets galants ni de récitatifs interminables. Avec onze musiciens et deux chanteurs, les couleurs paraissent éclatantes et plus franches que jamais, les contrastes plus saisissants ainsi que les nuances, mystérieuses et raffinées.
Regards et sourires échangés par les musiciens créent une connivence entre le public et la musique. La direction partagée par Frédéric Haas, au clavecin, et Mira Glodeanu, au violon, et la disposition en demi-cercle de l'ensemble instrumental font de chacun de nous les acteurs du geste musical. La violence de Zoroastre et la sensibilité de Zaïs s'unissent avec fougue. L'éloquence et les timbres des deux chanteurs sont parfaits. Si le soprano clair et tendre d'Eugénie Warnier bouleverse dans le désarroi et invite à la rêverie alors que le soleil offre au monde ses premiers rayons, la basse souple, ardente et si subtile d'Arnaud Richard émeut tout autant. Ils donnent à la palette de ces sentiments prêtés aux dieux les déchirantes harmonies des amours humaines.
Monique Parmentier, Anaclase, 27.08.2010
Regards et sourires échangés par les musiciens créent une connivence entre le public et la musique. La direction partagée par Frédéric Haas, au clavecin, et Mira Glodeanu, au violon, et la disposition en demi-cercle de l'ensemble instrumental font de chacun de nous les acteurs du geste musical. La violence de Zoroastre et la sensibilité de Zaïs s'unissent avec fougue. L'éloquence et les timbres des deux chanteurs sont parfaits. Si le soprano clair et tendre d'Eugénie Warnier bouleverse dans le désarroi et invite à la rêverie alors que le soleil offre au monde ses premiers rayons, la basse souple, ardente et si subtile d'Arnaud Richard émeut tout autant. Ils donnent à la palette de ces sentiments prêtés aux dieux les déchirantes harmonies des amours humaines.
Monique Parmentier, Anaclase, 27.08.2010